Jour 209

Bilan du jour 208

J’ai bossé, j’ai couru, j’ai fait un peu de yoga, j’ai médité, j’ai mangé de la pizza, j’ai regardé House of Cards en caressant ma petite lapine sur mes genoux, j’ai lu un livre intéressant : j’ai passé une bonne journée.

La dernière partie éponyme de Vaincre la dépendance affective de Sylvie Tenenbaum aborde le sujet de la thérapie très en détail pour pouvoir s’en sortir, et je pense que sa description des différentes étapes pourraient s’appliquer à toutes les personnes ayant eu des parents toxiques/maltraitants/défaillants/fill in the blank. Mais peut-être deviennent-elles toutes plus ou moins dépendantes affectives ? (soit en voca 4xPJ, la dépendance affective ferait partie du package dépression ?) Je n’ai pas lu ce livre pour moi-même parce que je ne me sens pas « atteinte », mais j’avoue avoir reconnu certaines pensées ou croyances que je pouvais avoir quand j’étais en dépression (et avant). J’ai beaucoup apprécié l’explication du processus, que je trouve très juste, notamment la nécessité de changer ses croyances (du genre « je dois être gentil pour être aimé de tout le monde » ou « mes parents m’ont tout donné donc je dois tout leur donner en retour ») et de se révolter contre ceux qui les ont induites (nos parents, généralement) sans culpabiliser, pour aller vers l’autonomie. Je suis moins d’accord quand elle dit que chaque émotion ressentie dans l’enfance doit être revécue (et non juste évoquée) pendant la thérapie. Personnellement, je me souviens très bien de chaque émotion, je ne les ai pas refoulées, et les fois où j’ai pu les « revivre » en thérapie, ça n’a fait qu’ouvrir la boîte de Pandore de la dépression et de la culpabilité, et donc repousser ma guérison.

Son écriture est très claire, très référencée (sans guerre de chapelle), mais on sent aussi qu’elle parle d’expérience et que c’est une personne avec beaucoup de cœur. Sa description du processus vers la guérison m’intéresse d’autant plus qu’on ne me l’a jamais présenté comme ça quand j’étais en thérapie (quelle que soit la sorte de psy… chanalyste, Gestalt, psychologue). J’aurais adoré qu’on me donne de telles explications à l’époque, comme un polycopié qui aurait repris point par point les étapes, avec le but final (mon côté control freak). Parce que c’était peut-être clair pour les psys, mais pour moi, ça l’était beaucoup moins : j’étais là parce que je n’avais pas le choix, j’allais très mal et je voulais aller bien, et apparemment, c’était en parlant, pleurant et payant beaucoup que j’allais y arriver. Et ça n’a pas été le cas.

Ce qui m’a aidée, ça a d’abord été le Seroplex, (c’est moi qui en ai demandé à mon généraliste, pas mes psys) (un autre débat, que j’aborderai peut-être ici), mais surtout ça a été de comprendre, d’y voir clair, de voir les choses — les autres, moi-même, ma famille — telles qu’elles sont, d’être un peu égoïste sur les bords et de penser à mes 4 plaisirs d’abord (ce qui est très bien décrit dans le livre, sauf que pour moi, c’est arrivé après la thérapie, et ces désirs de tout décortiquer et de kiffer la vie était déjà bien présents avant la dépression) (je crois avoir déjà expliqué ça ici, à quel point ça a été important pour moi de me rappeler comment c’était quand j’allais bien) (enfin, quand j’allais pas trop mal).

Bref, si je suis d’accord avec les étapes qu’elle mentionne, je trouve que ce qu’elle décrit, c’est un peu la thérapie idéale (qui se déroule sûrement comme ça avec la grande majorité de ses patients, je ne remets pas du tout ça en question). Je ne sais pas pourquoi ça n’a pas fonctionné chez moi. Peut-être parce que je suis trop indépendante et réfractaire au transfert ? Ou parce que j’éprouve très rarement de colère, et que les psys attendaient cette étape chez moi pour m’aider à remettre en question mon système de croyances et qu’elle n’est jamais arrivée, et qu’à la place, il n’y avait que tristesse et incompréhension ? Parce qu’au lieu de la colère, la révolte était déjà là en moi avant, depuis toute petite, que le lien et la confiance avaient été coupés très tôt avec mes parents, quand j’ai compris qu’ils ne pouvaient pas s’occuper d’eux-mêmes et encore moins de moi, et que je ne voulais pas avoir la même vie qu’eux ? En tout cas, il me reste une impression de grand malentendu, de toutes ces années sur des fauteuils (faute de divans) face à des psys qui ont vraiment fait ce qu’ils ont pu, j’en suis sûre.

La grande révélation de ce livre pour moi, ça a été cette histoire de triangle Bourreau (ou Persécuteur)/Victime/Sauveur que j’ai déjà mentionné ici, dont il faut s’extraire pour avoir des relations saines et équilibrées, et c’est clair qu’à l’avenir, je vais m’en servir de baromètre dans mes interactions avec les autres (j’ai de grosses tendances Sauveur, que j’ai déjà commencé à soigner) et que ça va rentrer dans ma liste de voca psy dont j’inonde déjà allègrement mon entourage.

Je tiens à préciser que je n’ai pas terminé le bouquin, donc j’en re-reparlerai peut-être !

Plaisirs prévus

– Écrire (ceci)

– Courir

– Regarder un bon film

ou

– Regarder une bonne série

– Faire du yoga (après avoir couru)

– Caresser ma lapine

– Passer du temps avec mon homme

– Lire un livre que j’apprécie

– Lire le journal

– Méditer (après le yoga)

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