Jour 225

Bilan du jour 224

Message rapide aujourd’hui. Je passe trop de temps devant cette fichue bécane.

Relations avec les amies toujours aussi compliquées, surtout avec une. Les doutes se dissipent dès la reprise des discussions avec les premières, mais chez la seconde, l’agoraphobie et la phobie sociale sont tellement intégrées qu’elle considère que son handicap la dispense de tout pas vers l’autre (littéralement), et sa dépendance affective lui confère en même temps un besoin maladif de contact vraiment très culpabilisant pour quiconque voudrait dévier de l’orbite. Pas facile de se croiser tous les mercredis au yoga dans ces conditions… J’essaie de keep it normal, lui ai envoyé un texto pour lui dire qu’on l’avait attendue dehors mais qu’on avait dû partir car l’une d’entre nous avait rendez-vous. Je ne sais vraiment pas quoi faire, je pensais pouvoir installer de la distance en douceur car je ne voulais pas avoir à lui dire ce que je pensais vraiment (qu’elle est agoraphobe, phobique sociale et dépendante affective, qu’elle pense que c’est normal et que c’est aux gens autour de s’adapter, tout en étant très gentille et en ne le leur demandant jamais clairement, que c’est trop pesant pour moi, que j’ai l’impression d’être une drogue, une béquille, d’être mise sur un piédestal alors que ça n’a pas lieu d’être, de ne pas être à ma place dans cette relation, qu’elle doit se faire soigner, que la psy qu’elle a vue toutes ces années est une incompétente et qu’il faut qu’elle en consulte un(e) autre pour guérir, parce que non, elle n’est pas une inadaptée sociale et ce n’est pas au monde autour de s’adapter à sa supposée inadaptation). Je ne sais pas comment tourner ça, je ne sais pas si c’est mon rôle en tant qu’ancienne amie de le lui dire, je ne sais pas quelles seront les conséquences, car elle est aussi très maso et quelque part aime ça quand on lui parle d’elle et même qu’on la secoue, voire qu’on la blesse, elle met la personne sur un piédestal et ça renforce sa dépendance. Nos amis communs commencent à se poser des questions, car sa version à elle diffère radicalement de la mienne (« On ne se voit plus » et exit toutes les fois où elle m’a évitée, a refusé mes invitations, est partie dans me dire au revoir, a clairement invité M, et pas moi, à passer la soirée avec elle et d’autres copines que l’on a en commun sous mon nez, a papoté avec moi après le cours non pas pour prendre ou donner des nouvelles mais parce qu’elle attendait M…).

Le truc, c’est que j’ai compris qu’elle ne changerait pas et que ce ne serait jamais une amitié équilibrée. J’ai l’impression que si je lui parle, on en reviendra au même point, mais d’un autre côté, il faut bien que ça bouge, que ça évolue, parce que la situation n’est pas sereine, ni pour l’une ni pour l’autre. Je ne vois pas d’autre solution que la distance, mais ce cours de yoga, je l’adore, j’aime les autres amitiés que j’y ai développées, je ne veux pas l’arrêter, et Dieu sait qu’elle en est bien incapable (une fois qu’un lien est tissé pour elle, ou bien qu’une habitude est prise, ils existent ad vitam). Et puis, cette distance silencieuse, elle ne la comprend pas, elle la subit comme un rejet et elle attend une preuve d’amour de ma part. Il faudra peut-être qu’un jour, je formalise cette prise de distance, mais comment faire ça auprès de quelqu’un qui va très mal et sans tomber dans les pièges de la dépendance affective ?

Aujourd’hui, je me suis promise de faire une activité de la liste que je n’ai pas faite depuis longtemps, donc j’ai décidé d’aller voir l’expo Lumière au Grand Palais.

Plaisirs prévus

– Écouter de la musique que j’aime (The Divine Comedy)

– Écrire (ceci)

– Manger du chocolat

– Manger du fromage

– Visiter une expo ou un musée (expo Lumière)

– Voir un spectacle (Le Paradis et la Péri de Schumann retransmis sur le Parvis de la basilique dans le cadre du Festival de Saint-Denis)

– Caresser ma lapine

– Passer du temps avec mon homme

– Lire un livre que j’apprécie

– Aller au restaurant (peut-être en écoutant Schumann ce soir ?)

– Lire le journal (déjà fait)

– Méditer

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2 réflexions sur “Jour 225

  1. Il s’agit effectivement d’une personne qui est en état de dépendance affective, un simple sourire peut lui procurer un sentiment de complicité, l’impression d’être moins seule, ce qui laisse aparaître un profond malaise intérieur, chaque relation devient plus compliquée, surtout pour l’autre. Et je comprends à quel point ce type de relation puisse être compliqué à gérer. Mais si je puis donner mon avis, je pense qu’il faut resté sincère et faire part des pensées à son sujet. Parce que finalement, ne pas tomber dans le piège, c’est savoir se protéger de cette relation. Peut être qu’en disant ces pensées, elle réagira d’une façon étonnante, ou pas. Mais peu importe parce que la logique dans cette histoire est de protéger nos propres pensées de cette relation compliquée. En les disant, peu importe les conséquences, je penses que cela pourrait être libérateur, se dédouaner de ce malaise, être franche et sois-même, pour se protéger.

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    • Merci pour ce commentaire. C’était bien ce qu’il me semblait, en effet. Cela fait plusieurs mois que j’attends l’occasion de dire quelque chose, mais elle ne s’est jamais présentée, cette amie faisant toujours comme si de rien n’était quand on se parle. On verra bien… Ce que vous dites confirme en tout cas ce que je pensais. Merci !

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