Jour 231

Bilan des jours 230, 230bis, 230ter, etc.

Ma mère était là ces derniers jours et le rythme des visites a été assez intense (Panthéon, Louvre, Notre-Dame, Château de Vincennes, Montmartre, Basilique de St-Denis, concert de Paul McCartney au Stade de France). Je vous avoue être plutôt contente de retrouver mes petites solitude et tranquillité aujourd’hui. Je n’ai pas passé beaucoup de temps devant mon PC, mais j’ai quand même eu pas mal de maux de tête, ce qui m’inquiète un peu.

Après de 3 semaines sans travailler et 4 à méditer, je pense avoir réussi à vraiment réduire mon stress. Je retrouve des similarités avec mon retour de 9 mois sabbatiques en Amérique latine : je trouve tout le monde speed, hyper connecté, impatient, toujours dans l’anticipation, dans la résolution de problèmes généralement inexistants et le multitasking (qui ne signifie pas forcément faire plusieurs choses en même temps — sauf quand on conduit, quand on a un cerveau très performant et une bonne motricité ou qu’on a pris des substances comme de la cortisone — mais successivement, en s’interrompant tout de temps pour passer à une autre tâche sans avoir terminé la précédente, à laquelle on reviendra plus tard, et ainsi de suite). Mais je dois bien avouer que j’ai beaucoup plus de maux de tête qu’avant, et que ce n’est pas à cause de mon PC, contrairement à ce que je pensais (j’ai quand même pris RDV chez l’ophtalmo pour voir si ce n’est pas mon problème de convergence qui revient). Le programme MBCT m’aide à « débrancher le pilote automatique », être dans « le mode de l’être et non celui du faire » et donc à mieux prendre conscience de mes pensées automatiques, mes émotions et mes sensations corporelles. En ce qui concerne mes maux de tête, je sais qu’ils sont liés à des stimuli extérieurs déplaisants (vent, lumière, foule, bruit, temps devant l’écran prolongé, etc.) couplés à un stress interne relationnel (ne pas être en retard, faire en sorte que ma mère passe un bon séjour, discuter avec les gens en soirée, etc.) ou intellectuel (travailler, conseiller une amie, rédiger un article…). Je me demande si cette présence accrue à l’instant présent n’accentue pas mon hypersensibilité aux événements extérieurs (avant, j’aurai essayé de penser à autre chose, j’aurai fumé une cigarette, bu un verre), et donc mon malaise physique. Je vais poser la question à mon instructrice, et je vais essayer de prendre conscience de ma douleur par des pauses méditatives avant de sauter sur le paracétamol, et de débrancher le pilote automatique de ma perfectionnibilite aigüe, notamment en société (je ne suis pas obligée d’écouter tout le monde ni de donner à tout prix des conseils — mais d’un autre côté, je ne suis pas non plus obligée d’être tout le temps sur la défensive de peur d’être happée par le dépendant affectif de la soirée…). Jon Kabat-Zinn parle du stress induit par le rôle que l’on croit avoir (patron, parent, enfant, aidant, victime, malade, etc.) et dit que la pleine conscience permet de s’en rendre compte et donc d’avoir la possibilité de s’en défaire. A explorer…

Le stress que j’observe autour de moi me donne également beaucoup à réfléchir sur la notion de plaisir. J’ai remarqué que beaucoup de personnes (dont votre serviteuse) utilisaient le recours aux activités plaisantes comme un réflexe contre le stress (par exemple, mon frère, très stressé, qui a proposé 5 fois en 2 jours qu’on visite la Sainte Chapelle, qu’il adore, alors que ma mère ne paraissait pas plus intéressée que ça et que ça me faisait personnellement royalement chier d’y aller). Je peux également être comme ça sans m’en rendre compte, et aujourd’hui, je pense avoir appris à mieux observer ce qui me traverse (pensées, émotions, sensations), et ne pas absolument vouloir agir tout de suite comme un réflexe. Par exemple, j’ai mal aux jambes -> il faut que j’aille courir, je suis stressée -> il faut que je regarde un film ou que je vois des amis, j’ai des douleurs menstruelles -> il faut que je mange des M&M’s sans cacahouète. Je ne dis pas que le concept de ce blog est à revoir, pas du tout, mais je remarque juste un recours au plaisir comme dérivatif, et non comme solution (et encore, je ne parle pas de conduites dangereuses comme boire ou se droguer — visiter un monument national parce qu’on est stressé, on a vu pire dans la vie…).

Donc je continuerai ce blog au moins jusqu’au jour 365, mais je ne ferai plus le lien direct « le plaisir fait baisser le stress », parce que c’est encore adopter une attitude striving, (d’effort, de lutte), c’est être dans le faire et non dans l’être. Les émotions et pensées positives entraînées par l’activité plaisante ne remplacent pas, du moins durablement, celles négatives causées par le stress, mais la pleine conscience permet, et je peux en témoigner, de mieux apprécier les émotions et sensations de bien-être au moment où on voit La Sortie de l’usine Lumière, où on entend un merle chanter au parc ou être chanté au Stade de France et où on mange des M&M’s sans cacahouète même quand on n’a pas ses règles.

Plaisirs prévus

– Écrire (ceci)

– Manger des cerises

– Voir une personne que j’apprécie (mon ami V qui va me couper les cheveux)

– Regarder un bon film (ça fait longtemps)

– Me faire belle (en me faisant couper les cheveux)

– Caresser ma lapine

– Passer du temps avec mon homme

– Lire un livre que j’apprécie (Full Catastrophe Living)

– Méditer

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